J'ai la fâcheuse tendance d'imaginer le pire lorsqu'on m'annonce une mauvaise nouvelle. Vouloir absolument rejoindre la personne qui va mal, pour lui parler, encore et encore. Boire les quelques mots qu'elle pourrait me dire. Je n'ai pas réagi tout de suite lorsque le patron de mon frère m'a appelée. "je suis le patron de Damien, le SAMU l'emmène à l'hôpital, il a reçu une buche sur le crâne." bla bla bla, et bla bla bla. Ah oui, d'accord. Mon grand-frère est à l'hôpital. Vous voulez que j'en informe mes parents, c'est ça ? Ah oui. Il ne m'est pas venu à l'esprit de demander son état. Le ton qu'a employé l'homme était grave. J'ai raccroché, après l'avoir remercié. Quelques secondes après, la réalité m'a sauté aux yeux. Mon frère est à l'hôpital, je ne sais où. Sans possibilité de le joindre. Je ne sais pas son état, simplement qu'il a le nez "bien amoché". Et j'ai eu froid. J'ai toujours froid lorsque je stresse trop. Mon frère est à l'hôpital, et je ne peux pas le voir. Je ne sais pas comment il va, s'il est conscient ou non. J'ai envie de rappeler son patron, mais je suis comme tétanisée. Je fixe le téléphone. Je ne sais pas quoi faire. Pas quoi faire. J'ai mal de ne rien pouvoir faire.
J'ai mal de ne pas pouvoir être auprès de lui.
La photo n'a rien à voir.
On va dire que... c'est un contraste.
C'est moi aussi.